Coupe du monde à 64 équipes : comprendre les raisons et les enjeux

Modifié : 18h35 par Radio Orient

À peine la Coupe du monde à 48 équipes est-elle entrée dans une nouvelle ère que la FIFA envisage déjà de porter le nombre de participants à 64. Présentée comme un moyen d'élargir l'accès à la compétition, cette réforme répond aussi à des enjeux économiques majeurs. Droits télévisés, sponsoring, recettes commerciales et plateformes de streaming : l'avenir du Mondial se joue désormais autant dans les salles de négociation que sur les terrains.

RO

La FIFA prépare déjà l'après-2026

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a indiqué que la proposition d'élargir la Coupe du monde à 64 sélections serait examinée après le Mondial 2026, premier tournoi organisé avec 48 équipes, contre 32 auparavant.

L'instance dirigeante met en avant un objectif sportif : offrir à davantage de nations la possibilité de participer à la plus prestigieuse compétition du football mondial. Les performances des sélections africaines lors de la dernière édition, avec neuf équipes qualifiées pour la phase à élimination directe, alimentent d'ailleurs les arguments en faveur d'un nouvel élargissement.

Un potentiel économique considérable

Derrière l'argument sportif se cache toutefois une réalité économique de plus en plus déterminante.

Le taux de remplissage des stades a atteint près de 99,7 %, tandis que la FIFA estime que les recettes du tournoi pourraient s'établir entre 16,08 et 17,32 milliards de dollars.

Un Mondial à 64 équipes impliquerait 16 groupes, davantage de rencontres, une compétition plus longue et, surtout, une hausse des revenus issus de la billetterie, du sponsoring, de la publicité et des droits audiovisuels.

En contrepartie, les coûts d'organisation augmenteraient sensiblement, limitant potentiellement l'accueil de la compétition aux seules nations capables de financer un événement d'une telle ampleur.

La bataille des milliards se joue devant les écrans

L'enjeu dépasse largement le cadre sportif.

Selon plusieurs médias spécialisés, Netflix, Disney, YouTube (Alphabet), Amazon et Apple envisagent de se positionner sur les droits de diffusion des Coupes du monde 2030 et 2034 aux États-Unis.

Les montants évoqués oscillent entre 1,5 et 2 milliards de dollars par édition, soit une progression spectaculaire par rapport aux 485 millions de dollars déboursés par Fox pour les droits en anglais du Mondial 2026 et aux 600 millions versés par Telemundo pour les droits en espagnol.

Cette concurrence illustre l'intérêt croissant des plateformes numériques pour les événements sportifs mondiaux, devenus des contenus stratégiques capables d'attirer des millions d'abonnés.

Entre ouverture sportive et logique commerciale

L'augmentation du nombre de participants ne se résume pas à l'ajout de seize équipes supplémentaires.

Elle ouvre de nouveaux marchés, élargit l'audience mondiale et accroît les perspectives de revenus. Mais elle soulève également des interrogations sur la qualité sportive de la compétition, la durée du tournoi, la surcharge du calendrier international et la pression exercée sur les joueurs, les clubs et les pays hôtes.

Quel avenir pour la Coupe du monde ?

Le débat autour d'un Mondial à 64 équipes dépasse la simple question du format.

Il révèle l'évolution profonde de la compétition, devenue un produit médiatique mondial où les intérêts économiques occupent une place de plus en plus centrale.

À mesure que les droits télévisés atteignent des montants records et que les géants du streaming s'invitent dans la course, la Coupe du monde apparaît désormais comme un enjeu commercial autant que sportif. La prochaine grande transformation du football mondial pourrait ainsi être dictée moins par les performances sur le terrain que par la valeur économique du tournoi.