Accord sur le diesel russe : Trump assouplit les sanctions contre Moscou, Zelensky dénonce une décision « indigne »
Modifié : 13h16 par Radio Orient avec l'AFP
Donald Trump a annoncé vendredi avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine portant sur la livraison de volumes importants de diesel russe aux marchés américain et international.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_10_at_11_42_391791630740220.jpeg)
Pour permettre ces exportations, Washington a accordé un assouplissement temporaire des sanctions visant Moscou, une décision vivement critiquée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Cette annonce intervient alors que des discussions entre représentants américains et ukrainiens ont repris vendredi à Miami, en Floride, afin d’évoquer les perspectives de règlement de la guerre en Ukraine. Des conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens participaient également aux échanges.
La réaction de Kiev ne s’est pas fait attendre. Volodymyr Zelensky a vivement condamné cette initiative, estimant qu’elle était contraire à l’esprit de partenariat entre les pays occidentaux. « Ce n’est certainement pas honnête, c’est certainement indigne de nos partenaires et, à mon avis, c’est une décision faible », a-t-il déclaré aux journalistes.
Trump mise sur une baisse rapide des prix du diesel
Le président américain, qui cherche à réduire le coût de l’énergie aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat, a présenté cet accord comme une avancée susceptible de faire baisser rapidement les prix. Il a affirmé avoir eu une discussion particulièrement fructueuse avec son homologue russe.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a annoncé plusieurs livraisons de diesel russe, évoquant notamment plus de 300 000 tonnes destinées aux marchés américain et mondial, puis 500 000 tonnes supplémentaires en novembre et un million de tonnes par la suite. Il a également mentionné la possibilité de livraisons additionnelles pouvant atteindre trois millions de tonnes, en fonction des capacités des raffineries russes.
« Les prix du diesel pour les Américains et, en réalité, pour le monde, vont baisser rapidement dans des proportions record », a-t-il assuré, soulignant que la réduction des coûts pour les agriculteurs, les éleveurs et les transporteurs constituait une priorité pour son administration.
Le Kremlin a confirmé que Moscou était disposé à approvisionner les marchés américain et international en pétrole et en produits pétroliers, reprenant les chiffres avancés par le président américain.
Kiev dénonce un avantage accordé à Moscou
Le département du Trésor américain a précisé avoir délivré une autorisation temporaire permettant la commercialisation du diesel russe. Cette décision intervient alors que la Russie fait l’objet de sanctions occidentales destinées à limiter ses revenus énergétiques et, par conséquent, sa capacité à financer la guerre menée contre l’Ukraine depuis février 2022.
Donald Trump, qui avait promis de mettre fin au conflit, n’a jusqu’ici pas réussi à imposer une solution durable. Ses positions ont régulièrement suscité des critiques de la part de Kiev et de plusieurs capitales européennes, qui lui reprochent de tenir davantage compte des exigences russes que des préoccupations ukrainiennes.
Ces dernières semaines, le président américain a notamment critiqué les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, tout en réagissant peu à l’intensification des bombardements russes sur le territoire ukrainien.
Volodymyr Zelensky a également dénoncé cet accord dans un entretien accordé au média américain Axios. Faisant référence au 74e anniversaire de Vladimir Poutine, célébré mercredi, il a qualifié l’initiative de « beau cadeau d’anniversaire » pour le dirigeant russe, avant de la juger particulièrement préoccupante.
Selon le président ukrainien, ces livraisons risquent de renforcer les capacités financières de Moscou et de lui permettre de poursuivre son offensive avec davantage de moyens. Il a par ailleurs estimé que la délégation ukrainienne présente en Floride avait été reléguée au second plan, tandis que Washington négociait cet accord avec la Russie.
Des discussions diplomatiques sur la sécurité et l’hiver
À Miami, les représentants ukrainiens ont rencontré Steve Witkoff, envoyé spécial de Donald Trump, ainsi que Jared Kushner, gendre du président américain et médiateur informel. Des responsables européens ont également pris part aux discussions.
Sur le réseau social X, Steve Witkoff a évoqué des échanges constructifs, sans confirmer si les négociations se poursuivraient samedi, comme initialement envisagé.
Les discussions ont notamment porté sur des mesures urgentes pour préparer l’hiver, la résilience du système énergétique ukrainien, les exportations de céréales et les garanties de sécurité. Les participants ont également abordé les perspectives de sécurité à long terme pour l’Ukraine et l’Europe.
Parallèlement, les bombardements russes continuent de faire de nombreuses victimes. Depuis mercredi, environ 60 personnes auraient été tuées en Ukraine. Jeudi, une frappe ayant touché deux bus à Kramatorsk, dans l’est du pays, a fait au moins 30 morts, selon le bilan rapporté dans le texte initial.
Les infrastructures électriques ukrainiennes ont également subi des dégâts importants, a indiqué Volodymyr Zelensky. Les autorités de Kiev redoutent une nouvelle campagne de frappes contre les installations énergétiques, comme celle de l’hiver précédent, qui avait privé des millions de personnes d’électricité et de chauffage.
L’ONU alerte sur les conséquences humanitaires
Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies organisée vendredi, le sous-secrétaire général Khaled Khiari a condamné l’intensification des attaques russes, estimant qu’elles avaient atteint un « nouveau degré d’horreur ».
Il a averti que les habitants de Kiev et d’autres grandes villes ukrainiennes pourraient être confrontés à des coupures d’électricité prolongées et à des températures extrêmement basses cet hiver si les bombardements ne cessaient pas rapidement.
Alors que Washington présente l’accord énergétique comme un moyen de réduire les prix, Kiev craint que cet assouplissement des sanctions ne renforce Moscou au moment même où les infrastructures ukrainiennes sont de nouveau menacées. Cette initiative met ainsi en évidence les divergences persistantes entre les objectifs économiques américains, les impératifs de sécurité ukrainiens et les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radioorient/images/logo_GrQUEHbER4.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_09_at_18_19_131791566456495-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_09_at_15_41_501791557021729-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_08_at_17_20_581791476536770-format1by1.jpeg)