Le déploiement de 10.500 soldats géré comme une "opération militaire"

13 janvier 2015 à 13h17 par La rédaction

RADIO ORIENT

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré mardi que le déploiement de 10.500 soldats sur le territoire national après les attentats de Paris était géré comme une "opération militaire" et que ces militaires combattaient "le même ennemi" qu'à l'étranger.

 

"C'est une opération militaire comme les opérations que nous menons à l'extérieur, elle est commandée par le chef d'état-major des armées", a-t-il dit sur Europe 1. Le déploiement, en cours depuis les attentats, a été accéléré lundi et sera achevé mercredi.

 

"La menace est à un niveau très élevé et aujourd'hui c'est une singularité nouvelle et grave, il n'y a pas de rupture entre la menace extérieure et la menace intérieure", a-t-il ajouté.

 

M. Le Drian a ainsi fait le lien entre les rassemblements monstres dimanche dans toute la France pour dénoncer le terrorisme et le début de l'intervention militaire française au Mali, survenus tous deux un 11 janvier.

 

"Le 11 janvier 2015, c'est l'élan du peuple de France, cette manifestation énorme de confiance collective et aussi d'aspiration à la liberté mais à la sécurité et le 11 janvier 2013, c'était le début de l'opération au Mali", a-t-il noté.

 

"C'est le même ennemi, ce sont les groupes terroristes, ceux qui veulent toucher à nos libertés (...) Pour nos armées, c'est le même combat", a-t-il souligné.

 

Au-delà de cette mobilisation, prévue "dans le dispositif de nos armées", "un des sujets qui doit être posé c'est le rôle des réserves pour l'avenir, en particulier sur la protection du territoire", a noté le ministre de la Défense.

 

"Il importe de rendre plus attractives ces réserves à la fois dans les contrats des réservistes avec les employeurs mais aussi dans les missions qui leur sont confiées", a-t-il dit.

 

M. Le Drian a estimé en revanche qu'un éventuel rétablissement du service national ne serait pas opportun mais souhaité un développement du service civique, qui permet à des jeunes de 16 à 25 ans de s'engager de six à 12 mois auprès d'associations, écoles ou musées en France ou à l'étranger.

 

"Je ne suis pas sûr que (le service national) corresponde à la menace d'aujourd'hui. Nous avons fait le choix d'une armée professionnelle et je vois bien, face aux risques que nous rencontrons, qu'il nous faut une armée professionnelle. Mais il est souhaitable de renforcer le service civique", a-t-il dit.

 

AFP