Logement : près d’une agence immobilière sur deux impliquée dans des pratiques discriminatoires en France

Modifié : 26 janvier 2026 à 11h44 par François-Xavier de Calonne

Près d’une agence immobilière sur deux en France accepte ou facilite une discrimination raciale dans l’accès au logement. C’est le résultat d’un testing dévoilé dimanche par SOS Racisme.  

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L’association est coutumière de ce type de campagne. Il s’agit de la troisième sur le sujet, après de précédentes enquêtes en 2019 et 2022. Celle-ci a été réalisée en 2025. SOS Racisme a contacté 198 agences immobilières qui appartiennent à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier.

Le rapport souligne que sur les 198 agences, près d’une sur deux ont accepté soit de discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial, soit d’être complices de discrimination qui ont permis ou encouragé que le propriétaire fasse cette sélection.

Au total, 102 agences ont refusé de discriminer et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine.

L’association dont vous allez entendre la directrice juridique, Zélie Heran, estime que « cette étude met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal ».

Des pratiques dénoncées par le gouvernement : la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, rappelle que « la discrimination est illégale » et affirme que le rapport de SOS Racisme montre que le chemin est encore long.

La ministre a annoncé la mise en place d’une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. Actuellement, une formation est obligatoire uniquement pour les détenteurs d’une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents.

Elle assure qu’un décret sera signé « dans les toutes prochaines semaines », avec le ministre du Logement.