Génération sans tabac : le pari radical du Royaume-Uni pour éradiquer le tabagisme
Modifié : 13h58 par Radio Orient
Londres s’apprête à franchir un cap inédit en matière de santé publique. Plutôt qu’une interdiction brutale, le gouvernement britannique mise sur une stratégie progressive visant à faire disparaître le tabac avec le temps. Une réforme ambitieuse, aux implications sanitaires, économiques et sociétales majeures.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/carte_news______________14_1776945061854.png)
Une interdiction générationnelle inédite
Le principe est simple mais disruptif : les personnes nées à partir de 2009 ne pourront jamais acheter de tabac. L’âge légal sera relevé chaque année, jusqu’à instaurer une interdiction permanente.
Cette approche vise à tarir la demande sur le long terme, en empêchant le renouvellement des fumeurs, et à transformer en profondeur un marché pesant plusieurs milliards de livres.
Au Royaume-Uni, le tabagisme demeure un enjeu de santé publique majeur. En Angleterre, il est responsable d’environ 64 000 décès par an et de centaines de milliers d’hospitalisations.
Son coût pour le système de santé est estimé à près de 3 milliards de livres par an, tandis que son impact économique global dépasse 20 milliards. Dans ce contexte, chaque baisse du taux de fumeurs représente une économie potentielle considérable pour les finances publiques.
Cigarettes électroniques : de solution à nouveau défi
La réforme ne cible pas uniquement le tabac traditionnel. Les autorités entendent également encadrer plus strictement les cigarettes électroniques, dont l’usage s’est largement répandu, notamment chez les jeunes.
Restrictions sur les arômes, limitation des promotions et interdiction de vente aux mineurs : l’objectif est d’éviter un déplacement de la dépendance vers la nicotine sous une autre forme, alors que le vapotage concerne déjà plusieurs millions d’adultes.
L’expérience internationale offre des enseignements précieux. La Nouvelle-Zélande avait adopté une législation similaire en 2022, avant de l’abroger un an plus tard sous la pression économique et politique. À l’inverse, la Suède a privilégié une stratégie de réduction des risques, favorisant des alternatives moins nocives au tabac, ce qui lui a permis d’atteindre l’un des taux de tabagisme les plus faibles d’Europe sans interdiction stricte.
Vers une dynamique internationale ?
Le modèle britannique suscite déjà l’intérêt de plusieurs pays. Le Canada et l’Australie envisagent des mesures comparables, tandis que certains États européens durcissent progressivement leur réglementation.
L’objectif affiché est clair : parvenir à une génération sans tabac d’ici 2040. Reste à savoir si ces politiques sauront éviter les effets pervers, comme le développement de marchés parallèles, tout en conciliant impératifs de santé publique et réalités économiques.
Avec cette réforme, le Royaume-Uni ne se contente pas de lutter contre le tabagisme : il redéfinit le rôle de l’État dans la régulation des comportements à risque, ouvrant la voie à un nouveau modèle d’intervention publique.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radioorient/images/logo_GrQUEHbER4.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/10001560411776951580927-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/5__1_1776942860482-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/10001559091776875767463-format1by1.jpg)