Comment Washington redessine l’équation du pouvoir en Irak avant 2026
Modifié : 0h57 par Radio Orient
En Irak, la désignation du Premier ministre ne se joue pas uniquement dans les urnes, ni même à la seule majorité parlementaire. Un troisième facteur, omniprésent, pèse lourdement sur l’équation politique : le « feu vert américain ».
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À chaque fois que le nom de Nouri al-Maliki refait surface, la même question revient, lancinante :
Washington l’acceptera-t-elle ?
Et si la réponse est non… quelle alternative restera-t-il ?
Pourquoi Washington refuse-t-elle le retour de Nouri al-Maliki ?
Le rejet américain de Nouri al-Maliki ne relève pas d’une hostilité personnelle, mais d’une lecture politique froide et pragmatique. Aux yeux de Washington, l’ancien Premier ministre incarne plusieurs risques majeurs :
– un style de gouvernance conflictuel,
– une figure profondément clivante sur le plan confessionnel,
– une proximité assumée avec l’axe iranien.
Pour les États-Unis, son retour à la tête du gouvernement signifierait une instabilité accrue, une remise en cause de leurs intérêts stratégiques et, surtout, un possible retour aux dynamiques politiques ayant précédé la crise de 2014.
C’est pourquoi, à chaque rapprochement de Maliki avec le pouvoir exécutif, les signaux d’alerte se multiplient : pressions diplomatiques, menaces de sanctions et mise en avant de scénarios alternatifs.
Le « Cadre de coordination » : pourquoi s’accroche-t-il à Maliki ?
Le Cadre de coordination est une coalition regroupant les principales forces chiites. Il rassemble des acteurs aux profils variés : formations politiques traditionnelles, anciens groupes armés ou encore forces influentes au sein de l’appareil sécuritaire. Leur point commun est clair : préserver le contrôle du pouvoir exécutif.
Dans cette configuration, Nouri al-Maliki apparaît comme un « choix éprouvé » : expérience, réseaux solides, capacité de mobilisation. Ce que le Cadre perçoit comme une garantie de stabilité interne est cependant considéré par Washington comme un facteur de risque majeur.
Le rôle kurde : un soutien conditionnel, jamais gratuit
Les partis kurdes, en particulier le Parti démocratique du Kurdistan, ne se positionnent pas sur des bases idéologiques, mais selon une logique de négociation. Leur soutien à Maliki s’est toujours accompagné de conditions précises :
– la gestion des dossiers pétroliers,
– l’application de l’article 140 relatif aux territoires disputés,
– des garanties budgétaires pour la région du Kurdistan.
Pour les Kurdes, l’identité du chef du gouvernement importe moins que les concessions qu’il est prêt à accorder. Toutefois, aussi déterminant soit-il sur le plan interne, ce soutien ne suffit pas à contourner un veto américain.
Les forces sunnites : une opposition fragmentée
Le camp sunnite est loin de constituer un bloc homogène. Le parti Taqaddoum s’est clairement opposé à un retour de Maliki, tandis que les alliances Al-Azm et Al-Hasm ont refusé toute confrontation directe.
Lorsque des déclarations hostiles à Maliki ont été publiées, ces deux dernières formations s’en sont rapidement désolidarisées. Leur calcul est pragmatique : Maliki peut tomber, mais il peut aussi rester. Mieux vaut donc préserver des canaux ouverts que brûler les ponts.
Résultat : l’effritement de ce qui aurait pu constituer un consensus sunnite, et l’affaiblissement d’un levier clé de l’opposition.
Les alternatives : pourquoi émergent-elles aujourd’hui ?
C’est dans ce contexte que le Courant de la sagesse (Hikma), dirigé par Ammar al-Hakim, a refusé de soutenir explicitement Maliki, tout en restant au sein du Cadre de coordination. Plutôt que la rupture, il a proposé des solutions de rechange.
Une liste non officielle de neuf noms circule désormais. L’idée est simple : disposer d’un « plan B » au cas où Washington dirait clairement non.
Parmi les profils évoqués figurent :
– Mohammed Chia al-Soudani, symbole d’une continuité apaisée,
– Haïder al-Abadi, bénéficiant d’une acceptabilité internationale,
– Moustafa al-Kazimi, perçu comme une option de compromis.
Tous partagent un point commun essentiel : ils sont jugés « moins provocateurs » pour Washington.
Vers quelle issue ?
En Irak, le Premier ministre n’est pas nécessairement le plus fort, mais celui qui « passe le mieux ».
Nouri al-Maliki dispose d’un soutien interne réel, mais son coût politique à l’international reste élevé.
La véritable question n’est donc pas de savoir s’il peut revenir au pouvoir, mais si l’Irak est prêt à en payer le prix.
À l’approche de 2026, la décision pourrait ne pas se jouer dans l’isoloir, mais dans un moment de compromis… ou à travers un message clair venu de l’extérieur.
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