Gaz : l’UE mise sur l’Algérie pour réduire sa dépendance à la Russie

Modifié : 19h43 par Radio Orient

L'Union européenne mise sur l'Algérie pour diversifier son approvisionnement en gaz. Le commissaire européen à l'énergie et au logement, Dan Jorgensen, a fait le déplacement à Alger ce jour pour élargir le réseau d'approvisionnement de l'Union européenne, à l'approche de la fin programmée des importations de gaz russe.

RO
La guerre russo-ukrainienne a en effet mis en évidence la dépendance excessive de l’Union européenne (UE) à l'égard d'un fournisseur unique : la Russie. Cette guerre a entrainé des sanctions contre Moscou. Dès lors, les Européens ont cherché à  diversifier leurs sources d'approvisionnement en hydrocarbures.

Dans un premier temps, l’UE s’est tournée vers les Etats-Unis. Ils représentent au troisième trimestre 2025, 60% des importations européennes de gaz naturel liquéfié (GNL), contre 24% début 2021. Après la Russie (12,7%), l'Algérie arrivait en troisième position (7,7%), suivie du Qatar (6%).
Mais l'essor du gaz américain inquiète l'Europe, qui a simplement troqué sa
dépendance au gaz russe contre une dépendance au gaz américain, plus coûteux. Une tendance renforcée par la crise avec les États-Unis autour du Groenland, qui pousse l'UE à se tourner vers d'autres partenaires.

 
Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, nouveaux pivots énergétiques de l'UE. C’est dans ce contexte que certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord s'imposent comme de nouveaux acteurs clés dans le paysage énergétique mondial.

L'Algérie occupe une position de choix dans ce tableau.
Rome s'était d’ailleurs déjà tourné vers Alger pour diversifier ses approvisionnements en gaz naturel, jusque-là assurés à hauteur de 40 % par Moscou. L'Algérie est ainsi devenue son premier fournisseur, couvrant désormais plus d'un tiers des besoins nationaux. 

La visite du commissaire européen à l'énergie et au logement, Dan Jorgensen, à Alger s’inscrit dans le cadre du plan de la Commission européenne REPowerEU, déployé en mai 2022, qui vise à éliminer progressivement sa dépendance aux combustibles fossiles russes mais aussi à produire de l’énergie propre.

 
Les discussions entre le commissaire et les dirigeants algériens portent sur la coopération sur le gaz naturel, les énergies renouvelables, l'hydrogène et les interconnexions énergétiques.
Lors d’un point presse tenu aux côtés des autorités algériennes, le responsable européen a souligné que cette réunion arrivait à point nommé
 
"L'Algérie est déjà un partenaire très important en matière de gaz, mais elle va le devenir encore plus", a-t-il déclaré.

En effet, le calendrier européen se resserre. Depuis janvier 2026, tout nouveau contrat de gaz russe est strictement interdit. Les contrats à court terme devront expirer avant juin 2026, tandis que les contrats à long terme devront être soldés d'ici décembre 2027, à l'exception de certains pays enclavés.
Le 1er janvier 2027 marquera une nouvelle étape, avec l’interdiction des contrats
longs pour le GNL, avant que cette même interdiction ne s'étende, le 30 septembre 2027, au gaz acheminé par gazoducs.

L’Algérie est le deuxième pays fournisseur de gaz acheminé par gazoduc dans l'UE, représentant 14,6% des importations européennes, derrière la Norvège (51,8%), au troisième trimestre 2025.

À mesure que l'échéance se resserre, l’Algérie apparaît plus que jamais comme un partenaire stratégique pour l'Europe.