Liban/TSL : Le général Hajj surveillait Hariri et transmettait des informations aux Syriens, affirme un témoin anonyme

04/06/2015 à 12:18 logo-tsl_236239_large_772569_large

Les équipes de défense des accusés dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri ont poursuivi hier leur contre-interrogatoire d’un témoin masqué, un sous-officier membre des Forces de sécurité intérieure qui faisait partie du convoi de sécurité de l’ancien Premier ministre assassiné, Rafic Hariri.

 
Le témoin – un rescapé de l’attentat du 14 février – a réitéré ce qu’il avait dit la veille au sujet de l’ancien directeur des FSI, le général Ali Hajj, qui l’a interrogé sitôt après l’explosion.
 

Le témoin – qui avait été blessé dans l’attentat – a affirmé avoir été transféré au siège des FSI où il a été interrogé, pendant 10 minutes, par le général Hajj, dont les questions tournaient exclusivement autour de Wissam el-Hassan, l’ancien chef des services de renseignements des FSI, assassiné en octobre 2012.
 

Le sous-officier a indiqué devant les juges avoir eu une altercation avec le général Hajj, soulignant que le capitaine Khaled Alwan, qui se trouvait à ses côtés, lui a pris son revolver.
 

« Dans le bureau du général Hajj, toutes les questions tournaient autour de Wissam el-Hassan. L’interrogatoire n’a pas été consigné par écrit ». « Personne ne s’est intéressé à mes blessures », a raconté le témoin, soulignant avoir ensuite été conduit non loin de l’AUH après l’interrogatoire.
 

Le général Hajj surveillait Rafic Hariri et « transmettait les informations aux Syriens », a indiqué le sous-officier en réponse à une question. Il a par ailleurs estimé que la réduction des membres du convoi de sécurité affecté à l’ancien Premier ministre par le général Ali Hajj, de 50 membres à 8 membres, lorsque Rafic Hariri n’était plus à la tête du gouvernement, « a pavé la voie à l’attentat ».
 

Le témoin a ensuite évoqué un incident qui avait eu lieu lors d’un dîner chez la famille Moussalli où était invité le Premier ministre. Ne trouvant pas de place pour garer les voitures du convoi, les membres de la sécurité de l’ancien Premier ministre ont été agressés par les membres des services de renseignements des FSI.
 

« Ces derniers nous suivaient partout. Nos vies étaient en danger », a-t-il dit, soulignant que le convoi de Hariri était sous surveillance continue. Prié de dire s’il connaissait le nom de l’un des officiers qui, selon lui, surveillait l’ancien Premier ministre, le témoin a répondu par la positive avant de communiquer par écrit le nom de l’officier en cause.
 

Un second témoin masqué – également membre des FSI et ayant fait partie du convoi de Hariri – a témoigné l’après-midi. Le témoin, qui a également échappé à l’attentat du 14 février 2005, a décrit le trajet emprunté par le convoi de l’ancien Premier ministre jusqu’au Saint- Georges ce jour-là et les scènes terrifiantes dont il a été témoin. Il poursuivra aujourd’hui son témoignage devant la cour.
 

L’Orient Le Jour