Liban : Festival international de Beyrouth, an I

14/08/2015 à 4:25 festival international de Beyrouth

À l’interminable appel des festivals, Beyrouth manquait cruellement. Voilà la lacune comblée par la création du Festival international de Beyrouth, qui se déroulera du 21 au 27 septembre prochain au cœur de la capitale dont il vise à rythmer les battements. Une très bonne idée, mais on attend de voir.

 
 

« Parce que Beyrouth est le commencement et parce qu’elle restera toujours à la une de l’info. » C’est par cette phrase-accroche (-cœur) que Lama Tammam Salam a annoncé le lancement du Festival international de Beyrouth dont elle est la présidente. « C’est un rêve qui nous tient à cœur et se manifeste comme une déclaration d’amour envers la capitale à laquelle appartiennent tous les Libanais, qu’ils soient du Nord ou du Sud, de la Békaa ou du Chouf », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse au musée national en présence des ministres du Tourisme, Michel Pharaon, et de la Culture, Rony Araiji. On notait également la présence de Gaby Tamer, vice-président du festival, du président de la municipalité de Beyrouth, Bilal Hamad, du mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, de la présidente de la Fondation libanaise du patrimoine, Mona Hraoui, du président de l’ordre des journalistes, Élias Aoun, du président de l’ordre de la presse, Aouni el-Kaaki, et de Mounir Douaidy, directeur général de Solidere .

 

Lama Salam a précisé sa vision de ce dernier-né qui vient s’ajouter à la désormais longue liste des festivals : « Nous voulons créer des événements culturels qui se dérouleront dans tout Beyrouth et sur toutes les scènes. Nous ne nous concentrerons pas uniquement sur les festivités musicales, mais également sur les événements culturels, artistiques, technologiques et sportifs qui se dérouleront tout au long de l’année. Nous ferons également appel à tous les Libanais pour obtenir leur soutien sur le plan du bénévolat, étant donné que ce festival leur appartient et atteindra sans aucun doute de nouveaux sommets avec le soutien de nos citoyens. »

 

Dans ce même état d’esprit, le ministre Pharaon a affirmé que « nous comptons, depuis un an, sur la société civile pour faire réussir les festivals de l’été », espérant enfin la résolution du problème des déchets solides et la réussite sur les plans, politique et sécuritaire.
 
Non sans avoir insisté sur les multiples rôles des festivals, tant sur les plans culturel qu’économique, touristique ou encore social, le ministre Araiji a appelé les organisateurs dans toutes les régions à coordonner leurs programmes, quitte à prolonger leur période, afin de donner à tous la chance d’y assister. Et d’éviter ainsi les nombreux chevauchements et la pléthore d’évènements ramassés en une période restreinte, chose qui peut nuire à tous. Belle réflexion de la part d’un ministre qui comprend l’incapacité des Libanais à donner partout de la tête, de l’oreille et du portefeuille.

 

En ayant choisi de tenir ses programmes en période off-rush des festivals, le FIB trouve un créneau timing assez intéressant, d’autant plus que ses dates coïncident avec la grande fête d’al-Adha. Par contre, d’aucuns ne se sont pas retenus hier de commenter sur la teneur « maigrichonne » et pas à la hauteur du programme annoncé. Et de regretter, encore une fois, la pléthore de festivals alors qu’une concentration de quelques-uns, bien subventionnés par le public comme le privé, bien ciblés, bien programmés, seraient à même de satisfaire le public et les organisateurs. Se partageant équitablement un gâteau dont la cerise est encore introuvable (côté budget officiel, évidemment).

 

« Dans sa première édition, le festival rendra hommage à Beyrouth non seulement en tant que ville, mais également en tant qu’ensemble d’influences historiques, culturelles et artistiques qui lui ont assuré et continueront de lui assurer une place de choix dans nos cœurs », promet au final Lama Tammam Salam. Tant que le cœur y est, le public suivra probablement.

 

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