Dialogue national suspendu au Liban

07/09/2016 à 12:30 DRAPEAU LIBAN

BEYROUTH (Reuters) – Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a suspendu lundi le dialogue national après le retrait d’une formation chrétienne, le Courant patriotique libre (CPL).

Le CPL a claqué la porte en jugeant ce dialogue national sans utilité et condamnant ce qu’il considère comme les atteintes au pacte national sur le partage du pouvoir entre Libanais.

« La poursuite du dialogue étant inutile, nous annonçons cette position au gouvernement, et nous l’annonçons maintenant à la table du dialogue », a déclaré le chef de file du CPL, le maronite Gebran Bassil, dans un communiqué cité par l’agence de presse nationale.

Le Liban, paralysé par une crise politique exacerbée par le conflit syrien, est sans président depuis plus de deux ans parce que les formations rivales ne parviennent pas à s’entendre sur le nom du futur chef de l’Etat. Le gouvernement d’union dirigé par Tammam Salam est paralysé lui aussi par les divisions entre ses membres.

La présidence est réservée à un chrétien maronite. Le CPL veut que le prochain chef de l’Etat soit son fondateur, Michel Aoun. Le CPL est l’allié du Hezbollah chiite, qui soutient Aoun pour la présidence.

L’autre candidat de poids est Soleimane Frangié, autre allié du Hezbollah, qui a été suggéré pour le poste de président par le leader sunnite Saad Hariri l’an dernier.

Une querelle a éclaté entre Bassil et Frangié lundi au parlement. « Le président du parlement, Nabih Berri, a suspendu le dialogue sine die lundi (…) à la suite d’un vif échange entre les deux dirigeants chrétiens », a déclaré un responsable.

(Tom Perry, Eric Faye pour le service français)