Des réfugiés syriens quittent en nombre la Jordanie

08/10/2015 à 1:21 Des réfugiés syriens quittent en nombre la Jordanie

Un nombre croissant de Syriens réfugiés en Jordanie retournent dans leur pays en dépit de la situation extrêmement précaire, mais une partie d’entre eux cherchent ensuite à repartir pour la Turquie et l’Europe.
 

D’après les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), le nombre de Syriens réfugiés en Jordanie refranchissant la frontière est monté jusqu’à 340 par jour à la mi-septembre. Il n’était que de 120 en moyenne en août et de 60 en juillet.
 

« On ignore combien d’entre eux rentrent en Syrie pour repartir ensuite vers la Turquie et l’Europe », a déclaré Catherine Osborn, conseillère spécialisée dans les questions de protection à l’ONG Norwegian Refugee Council (NRC). « Nombre d’entre eux nous disent qu’ils rentrent en Syrie pour vendre leurs biens et financer leur voyage vers l’Europe », a-t-elle ajouté.
 

Dans un communiqué, le NRC signale également des centaines d’arrivées quotidiennes de Syriens à l’aéroport d’Istanbul en provenance de l’aéroport international d’Amman.
 

La dégradation de leurs conditions d’accueil en Jordanie explique largement ces retours en Syrie ou ces départs vers Istanbul.
 

Les dernières données disponibles du HCR font état de la présence de 628.000 réfugiés syriens en Jordanie (sur un total de quatre millions de réfugiés enregistrés). Plus de 200.000, soit un tiers d’entre eux, vivent déjà sous le seuil de pauvreté et leur sort devrait s’aggraver du fait de l’arrêt ou de la réduction des livraisons d’aide alimentaire.
 

A cours de financement, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a dû réduire, et parfois même suspendre son aide aux réfugiés.
 

« De nombreuses familles n’ont pas d’autre alternative que de rentrer dans une Syrie ravagée par la guerre, avec les risques de sécurité que cela signifie, ou d’embarquer pour une traversée dangereuse de la Méditerranée », note Petr Kostrohyrz, directeur pour la Jordanie du NRC. « Ce n’est pas un choix, mais une tentative désespérée pour protéger leurs familles. »
 

 

Reuters/L’Orient Le Jour