Crise Maroc/France: report de la visite à Paris vendredi du chef de la diplomatie marocaine

21/01/2015 à 4:08 laurent fabius mezouar

La visite prévue vendredi à Paris du chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar pour tenter de sortir de la crise diplomatique qui perdure depuis un an entre les deux pays a été reportée à une date non fixée, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

 

Le Quai d’Orsay a laconiquement confirmé le report de cette visite, qui avait été annoncé dans la matinée par un média marocain. « Nous travaillons à identifier avec les autorités marocaines une nouvelle date pour cette visite », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, précisant que M. Mezouar était « le bienvenu en France ».

 

Selon le site internet du quotidien marocain Akhbar al-Yaoum (indépendant), la venue de M. Mezouar a été reportée « en l’absence d’avancées dans les discussions » entre Paris et Rabat, brouillés depuis presque un an et dont la coopération judiciaire est totalement gelée.

 

M. Mezouar avait pourtant annoncé lundi qu’il se rendrait à Paris en fin de semaine afin notamment de rencontrer son homologue Laurent Fabius. Il avait à cette occasion exprimé « la volonté ferme et sincère du Maroc de surmonter définitivement et durablement tous les obstacles qui pourraient entraver la pleine coopération entre les deux pays ».

 

Quelques jours plus tôt, M. Fabius avait lui aussi annoncé qu’il effectuerait « prochainement » un déplacement à Rabat, en insistant sur « l’obligation absolue » de reprendre la coopération judiciaire et sécuritaire dans un contexte de menace terroriste accrue.

 

Les deux alliés, à la relation traditionnellement bien cadrée, ont toutefois le plus grand mal à tourner la page.

 

Aux racines de la brouille figurent des dépôts de plainte en France contre de hauts dignitaires marocains, des impairs diplomatiques et un rapprochement franco-algérien, autant de motifs de ressentiment qui se sont accumulés à Rabat.

 

Le Maroc a suspendu depuis fin février 2014 sa coopération judiciaire avec la France et la coopération sécuritaire est également grandement affectée, alors que les deux pays sont engagés dans une lutte de longue haleine contre le jihadisme.

 

AFP