Après les jeunes, les femmes: le CFCM poursuit sa stratégie d’ouverture

17/01/2016 à 1:16 CFCM Femmes

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui veut soigner son image et son déficit de représentativité, a initié samedi un dialogue avec des femmes, à ce jour absentes de ses instances nationales.
 
Cette opération fait suite à une invitation comparable lancée aux jeunes en novembre dernier. Elle prend la forme d’une première rencontre entre le bureau du CFCM et une quinzaine de musulmanes représentantes de mosquées, responsables associatives ou de médias et élues locales,  au siège de l’institution à Paris.
 
« Il s’agit de recueillir leurs attentes et leurs propositions quant à l’action du CFCM, et quant à la manière dont elles pourraient mieux y participer », a expliqué à l’AFP Anouar Kbibech.
 
« Aujourd’hui, nous constatons qu’il n’y a aucune femme dans les instances du CFCM, que ce soit à l’assemblée générale ou au bureau, et qu’elles sont très peu nombreuses, à quelques exceptions près, dans les CRCM », les 25 conseils régionaux du culte musulman, fait valoir le responsable de l’instance créée en 2003 pour incarner un « islam de France » auprès des pouvoirs publics.
 
Selon Anouar Kbibech, si « l’islam est régulièrement interpellé sur l’égalité hommes-femmes », « la place de la femme est entièrement respectée dans la religion musulmane ». « Il faut que cela se traduise sur le terrain », estime-t-il, reconnaissant un « déficit de participation » des musulmanes, même si « dans certaines mosquées, malheureusement pas assez, leur activité est déjà très soutenue ».
 
Le bureau du CFCM entend mettre en place avec ces femmes « des réunions régulières », au moins tous les deux mois, comme pour l’espace de dialogue avec de jeunes figures de l’islam.
 
En février, l’instance, largement dirigée par des cadres nés à l’étranger, lancera une troisième initiative, cette fois auprès des convertis, dont le nombre – croissant – est parfois évalué à environ 100.000, sur quatre à cinq millions de musulmans, croyants ou non. « Ils peuvent représenter un apport spécifique dans la diversité de l’islam de France », estime Anouar Kbibech.
 

AFP