Algérie/ Chômage des jeunes : Un plan d’action face à la grogne

21/10/2013 à 4:14 ANSJ

Les autorités algériennes peinent à remédier au chômage des jeunes en dépit de la création à leur intention de plusieurs programmes de soutien, censés les aider à s’insérer dans la vie active.

 

Le chômage touche 21,5% des moins de 35 ans, selon de récentes statistiques du Fonds monétaire international (FMI), contre une moyenne nationale de 10%.

 

Sur le chômage des jeunes diplômés, Aziz Nafa, chercheur au centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), indique que l’économie algérienne ne peut pas absorber les 120 000 nouveaux diplômés par an.  Soulignant que certaines formations sont même un moyen d’exclusion sur le marché du travail.

 

Le manque de pratique dans les universités et la faiblesse de la croissance économique expliquent l’aggravation du chômage des diplômés universités, selon l’expert.

 

Pour faire face à la grogne des chômeurs qui manifestent régulièrement pour réclamer des emplois, les autorités leur proposent, notamment, de créer leur propre entreprise.

 

Selon une étude de l’Union des experts-comptables d’Algérie, plus de 50% des entreprises créées dans le cadre des dispositifs du micro-crédit finissent par disparaître, emportées par la faillite.

 

Mais pour l’économiste Abderahmane Mebtoul, cette évaluation reste «en-deçà de la réalité».

 

Il impute le problème à l’absence de contrôle des institutions en charge d’appliquer les dispositifs de création de micro-entreprises.

 

Cela rend impossible toute évaluation crédible, a-t-il expliqué à l’AFP.

 

L’Ansej est l’un des dispositifs créés par le gouvernement à l’intention des chômeurs de moins de 35 ans.

 

Selon le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, Mohamed Benmeradi, ces programmes ont permis, depuis 2008, la création de 70.000 emplois par an.

 

Durant cette période, quelque 270.000 micro-entreprises ont été créées, selon le ministre.

 

M. Benmeradi a précisé que le taux de recouvrement des prêts auprès de l’Ansej est de 63%, le reste étant en «contentieux».

 

Pour M. Mebtoul, ces programmes pour lesquels l’Algérie dépense chaque année des milliards de dollars sont beaucoup plus destinés à calmer «le front social» qu’à créer des entreprises pérennes et créatrices de valeur ajoutée durable.

 

 

 

Source : AFP/ El Watan