A Paris, la rue de l’Ambassade du Liban rebaptisée symboliquement rue Samir Kassir

02/11/2015 à 11:27 samirk_198902_large

Une opération de RSF à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre des journalistes.
 

A l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre des journalistes, Reporters sans frontières (RSF) a rebaptisé symboliquement 12 noms de rues de Paris en hommage à des journalistes assassinés, torturés ou disparus. Parmi ces journalistes, le Libanais Samir Kassir, assassiné le 2 juin 2005.
 

« Editorialiste franco-libanais pour le quotidien An-Nahar, correspondant de la chaîne TV5 et collaborateur du Monde diplomatique, Samir Kassir est un cas tristement emblématique de l’impunité au Liban, rappelle RSF sur son site. Samir Kassir était connu pour ses écrits critiques envers l’ingérence syrienne au Liban mais aussi envers le régime policier libanais (de l’époque). (…) Depuis 2005, trois enquêtes ont été ouvertes – en France, au Liban et au niveau international – toutes demeurent sans résultat à ce jour. »
 

Les rues concernées par cette initiative sont celles où se trouvent les ambassades des pays d’origine des journalistes sélectionnés. A travers cette opération, RSF dit vouloir souligner l’inertie des États et leur rappeler l’obligation qui leur est faite de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour traduire en justice les coupables de ces exactions.
 

Qu’ils aient été exécutés, victimes d’attentats, qu’ils soient morts sous la torture ou portés disparus, ces journalistes ont payé le prix de leur engagement en faveur de la liberté de l’information, souligne RSF. Certains cas sont devenus symboliques, d’autres sont moins connus. Ces dix dernières années, près de 800 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Depuis le 1er janvier 2015, 48 journalistes ont été assassinés. L’organisation rappelle aussi que plus de 90 % des crimes commis contre les journalistes ne sont jamais élucidés.
 

RSF propose en outre au grand public de participer à la campagne #FightImpunity, via le site http://fightimpunity.org. Elle y présente en détail les cas de crimes impunis, comme ceux de Samir Kassir ou encire du Français Guy-André Kieffer et de la Mexicaine María Esther Aguilar Cansimbe,et offre aux internautes la possibilité d’agir à titre personnel en s’adressant directement par email ou tweet aux chefs d’État ou de gouvernement des pays concernés. Grâce à un dispositif interactif, le grand public peut envoyer des courriers circonstanciés pour demander directement aux autorités que justice soit faite.
 

Afin de lutter contre l’impunité, RSF demande enfin la nomination d’un conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies sur la protection des journalistes.
 

OLJ